Odilon Redon Botaniste, vu par Francis Jammes

couv-redon-okRedon est l’homme des “Noirs”,
ces fusains énigmatiques,
souvent inquiétants,
qui ont suscité l’admiration et la convoitise
de collectionneurs initiés et rares.

Mais il est aussi le coloriste flamboyant de sujets historiques, de portraits, de fleurs, de décors recherchés par des amateurs plus mondains mais tout aussi passionnés. Deux manières, deux périodes semblent ainsi résumer sa carrière.

Sans être fausse, cette vision duelle est sans doute un peu simpliste : les « Noirs » rayonnent de « sombres clartés » et les œuvres colorées conservent une part d’ambiguïté et de mystère…

Sous forme d’une enquête fouillée et passionnante, l’historien de l’art Robert Coustet révèle comment le passage du noir à la couleur s’est fait progressivement, les étapes de cette évolution n’apparaissant qu’a posteriori, au vu de l’ensemble de l’œuvre. En 1902, la page des “Noirs” est définitivement tournée et le peintre pourra déclarer à l’un de ses correspondants : “J’ai épousé la couleur. ” De fait, il s’avèrera époux fidèle…

Mais pour accompagner ce changement, qui déroute nombre de ses admirateurs, Redon révèle un sens que l’on qualifierait de nos jours de marketing. Il incite le poète Francis Jammes à écrire sur sa nouvelle manière, se faisant conteur pour l’occasion (“Odilon Redon botaniste”), puis Marius-Ary Leblond (“Le merveilleux dans la peinture, Odilon Redon”), deux critiques d’art qui, sous pseudonyme, n’en font en réalité qu’un.

Car Redon a mis sa science des couleurs au service de portraits et de natures mortes, en l’occurrence la peinture de fleurs, qu’il associe en inventant une formule de portraits, dont les modèles renfermés dans leur monde intérieur se détachent sur un fond incertain, où apparaissent des fleurs fantomatiques.

 

Dans un récit bref, brillamment enlevé, savamment référencé, Robert Coustet dresse le portrait d’un artiste de génie à un moment capital de l’évolution de son œuvre, mais aussi les petites faiblesses de l’être humain, souffrant d’être incompris, dénonçant le mot “injuste”, comme le manifeste son éphémère brouille avec Francis Jammes au sujet de l’énigmatique « parole d’une rose » qui clôt son hommage au maître des fleurs.

 

L’ouvrage Odilon Redon botaniste se compose d’un ensemble inédit :
d’une introduction par Robert Coustet,
du texte “Odilon Redon botaniste”, par Francis Jammes,
du texte “Le merveilleux dans la peinture, Odilon Redon”, de Marius-Ary Leblond,
et de deux lettres d’Odilon Redon au sujet de ce dernier texte.

Il comporte un cahier couleur de reproductions des influences et des travaux floraux (croquis, gravures, estampes, huiles sur toile) d’Odilon Redon.

Il s’agit du premier et seul ouvrage à aborder cette période charnière et décisive dans l’œuvre d’Odilon Redon qui de “maître des Noirs” devint également “maître des Couleurs”.

 

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Francis Jammes

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Le poète et romancier Francis Jammes (1868-1938) se lia d’amitié, durant son adolescence, avec le grand botaniste Armand Clavaud – conservateur de la bibliothèque municipale botanique du Jardin des Plantes de Bordeaux et membre éminent de la Société Linnéenne –, qui l’initia aux sciences et à la littérature et le fit connaître à Francis Jammes. La première rencontre physique entre l’artiste et le poète eut lieu en mars 1900, à Paris, tandis que Jammes s’apprêtait à donner ses conférences en Belgique. De nouvelles rencontres eurent lieu, en 1903, “sur la claire plage de Saint-Georges-de-Didonne” et en 1904, scellant à jamais leur amitié.

Également au catalogue de L’Éveilleur, de Francis Jammes : le délicieux Pipe, Chien.

 

Marius-Ary Leblond

Le nom de Marius-Ary Leblond cache Georges Athénas et Aimé Merlo, deux amis, également beaux-frères, originaires de La Réunion, qui conduisaient en commun une triple carrière d’écrivains, de journalistes et de critiques d’art, faisant d’eux des personnalités en vue. Auteurs prolifiques, ils reçurent, en 1909, le prix Goncourt pour leur roman En France et deviendront, à travers une cinquantaine d’ouvrages historiques, de romans, de récits de voyages, de critiques d’art, les champions de la littérature créole mais aussi de l’empire colonial français.

Présentation de Robert Coustet.

Odilon Redon Botaniste
L’ÉVEILLEUR BEAUX-ARTS
15,00 €

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